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Restes

  • 13 novembre 2018

Il reste quoi d’un voyage de six mois, après que le dernier avion ait posé ses roues sur le tarmac et que la fatigue ait rencontré ses limites agréables?

Après que toutes les photos aient été prises, que toutes les boissons exotiques aient été consommées?

Après l’évasion?

Je me suis posé la question à plusieurs reprises pendant le voyage, beaucoup plus que je le devrais. Je regarde souvent vers l’avant avec dédain, les yeux légèrement plissés comme si j’allais apercevoir les spoilers que je mets tant d’efforts à éviter au cinéma. Je n’ai jamais aimé m’avouer ignorant et pourtant, face à l’avenir, c’est le seul constat acceptable.

C’est aussi ça les restes du voyage : on ne sait pas. On ne sait pas ce que le voyage a vraiment changé en nous. S’il nous aura motivé à déplacer des montagnes ou si on aura de la difficulté à contourner la poussière.

J’ai pris une pause pour amorcer un mouvement et c’est dans le mouvement que j’ai fini par me poser. J’ai peut-être (enfin!) trouvé l’équilibre entre le travail, l’utilité et le loisir, la combinaison parfaite qui accorde mon éveil au sourire à tous les matins.

Fatigue

  • 16 mai 2018

Mardi matin à Plovdiv où les murs sont rose et bleu pastel et où la machine à espresso fonctionne à merveille – le genre d’espresso qui défonce légèrement la gorge d’une amertume appréciable. Je me suis enfin assis pour ébruiter mon clavier avec d’autres sons que celui de WordPress, pour immortaliser quelques unes de mes aventures mais le seul sujet qui me revient en tête est la fatigue. 

Le voyage, c’est éprouvant et difficile par moment. Chaque nouvelle destination amène un nouveau groupe de circonstances à peu près impossible à prédire. Mes critères de confort ne sont pas très nombreux, mais j’ai une courte liste de choses auxquelles je tient : un bon lit, mon espace vital et le moins d’interaction possible avec l’extérieur une fois l’exploration terminée. 

Je réalise peu à peu que le voyage à longue échéance me plait mieux quand je tiens un horaire similaire à celui du travail. Je sors rarement plus que 8 heures par jour, à moins de rencontres spontanées ou d’avoir des amis en ville, donc j’ai besoin d’espace pour mes activités quotidiennes comme lire (même si je ne lis jamais autant que je souhaiterais), écrire (idem) ou écouter beaucoup trop de séries télévisées. Mon entourage semble penser que je ne fais que voyager quand, au fond, le voyage c’est plusieurs instants de repos entrecoupés de 20km à pied.

Et, malgré tout, je parviens toujours à sous-estimer mon état de fatigue. En ce moment, je suis complètement brulé par l’usure. J’ai une vingtaine d’auberges, de Airbnb et d’hôtel, pris quatre ou cinq moyens de transports sur quatre continents différents… Même si les journées ne sont pas chargées en terme de temps passé à découvrir et visiter, l’usure naturelle du voyage fait en sorte que je finis par me sentir dans une sorte de brume perpétuelle où tout se mélange. 

C’est pas des blagues, je commence même à être capable de lire le bulgare!

J’espère que ces mots ne seront pas interprétés comme une sorte d’apitoiement parce que je suis fier de m’être placé dans cet état volontairement, pour vivre autre chose que le quotidien Nord Américain. J’espère aussi que je ne suis pas trop difficile à vivre dans cet état, n’étant pas seul sur la route…

Avec Meriem

  • 21 janvier 2018

Chaque matin, je me réveille, j’ouvre mon cellulaire et j’ai le sentiment que le monde est un peu plus instable. Pour me calmer, je me dis simplement que c’est l’âge qui cogne à la porte.

En même temps, il me semble que le bruit ambiant n’a jamais été aussi fort. Ça devient difficile de nier la souffrance de mes tympans, et c’est encore plus difficile de garder la tête froide dans l’inconfort…

J’ai pourtant modifié en profondeur mes habitudes de consommation ces derniers mois. J’ai commencé par diminuer de mon taux de rafraichissement sur les médias sociaux, puis j’ai sauvagement combattu ma dépendance aux médias d’information. Ça a eu un effet de nivellement chez moi : je me sens moins impliqué dans mon environnement, donc moins exposé quand je crois entendre le plafond céder.

Le problème avec ma stratégie d’isolement volontaire, c’est le sentiment d’indifférence qui se développe peu à peu. J’ai fini par me convaincre que la réception de mon téléviseur n’est pas bonne et je l’ai fermé.

C’est pour ça que j’essaie de faire des choix plus courageux. Je veux aller voir le monde, combattre cette impression de tourner en rond quand je reste trop longtemps au même endroit, dans les mêmes conditions, à voir les mêmes personnes. Je suis toujours curieux d’explorer d’autres modes de vie, d’autres façon de voir la politique ou l’économie mais surtout d’autres façons d’entrer en relation avec les gens.

Cette fois-ci, je ne pars pas seul. Je pars avec mon amoureuse qui est infiniment plus compétente que moi dans les contextes sociaux. Je vais découvrir le monde en continuant de la découvrir, elle aussi. Il y aura deux niveaux d’aventure, celle du couple et celle que le voyage va nous offrir.

Vendredi, on part voir le monde.


Écoute suggérée : 

 

Écrire à ma mère

  • 10 janvier 2018

Quand j’ai décidé de m’offrir une pause professionnelle, je me suis donné deux règles :

  • Démarrer un projet créatif
  • N’accepter aucun mandat avant mon retour définitif au Québec

Par ce carnet, je vais tenter de respecter ma première règle.

J’ai devant moi l’Islande, le Maroc, le Vietnam et d’autres aventures imprévisibles. Ma copine et moi avons empilé assez d’argent pour éviter tout questionnement sur ce qui nous attend avant juillet 2018. Après plusieurs années offertes à nos vies professionnelles, ce n’est pas un très grand luxe de s’offrir un peu de distance.

J’en profite aussi pour vous souhaiter la bienvenue sur mon nouvel espace Web. Je l’ai créé pour présenter sommairement mes réalisations WordPress et laisser derrière moi quelques empreintes digitales qui me serviront sans doutes à mon retour. Ne trébuchez pas sur le look du site, je vais construire ce petit avion en plein vol dans les prochains mois.

En attendant, l’année 2018 devrait être excitante. De quoi écrire à ma mère!